Exploitation des Réseaux d'irrigation

1. RESSOURCES EN EAU

Ressorces en eau de surface

Dans le périmètre des Doukkala- Abda,. Ainsi, les ressources en eau mobilisées pour l’irrigation du périmètre sont superficielles et proviennent des retenues du complexe hydraulique Hansali – Al Massira qui constitue les principaux ouvrages de stockage d’eau réalisés dans le bassin versant d’Oum Er Bia. Ce complexe hydraulique dont la capacité totale de ses retenues s’élève à 3 540 Mm3, assure trois principales fonctions :

  • La régularisation des eaux de l’oued Oum Er Bia pour assurer l’irrigation,
  • L’alimentation en eau potable des agglomérations de la zone côtière allant de Casablanca à Safi ainsi que les eaux industrielles de la région,
  • La production de l’énergie électrique.
Les ressources en eau souterraines :

Les ressources en eau souterraines dans le périmètre, sont faibles et très peu connues. Des recensements de puits et des forages ont été effectués soit au moyen d’enquêtes sur le terrain ou à travers les déclarations des agriculteurs auprès de l’ORMVAD, en vue de l’obtention d’autorisation de prélèvement d’eau pour usage d’irrigation, démontrent l’existence de nappes sous forme de poches d’eau localisées surtout dans des zones relevant des casiers de Faregh et de Sidi Bennour. Elles ne constituent pas une ressource de base pour l’irrigation dans le périmètre irrigué, mais peuvent  être utilisées, lorsqu’elles sont disponibles, en complément pendant les périodes de restriction.

2.- DOTATION EN EAU ALLOUEE AU PERIMETRE IRRIGUE

Dans le cadre d’une gestion intégrée des ressources du bassin hydraulique et suite à la dernière actualisation du PDAIRE qui prend en compte les données hydrologiques caractérisées par des successions d’années de sécheresse enregistrées au cours des dernières décennies, une dotation en eau de 850 Mm3 seulement a été allouée pour l’irrigation du périmètre dont la superficie équipée totale est de 96 000 ha.

3.- GESTION DE LA RESSOURCE EN EAU D’IRRIGATION

Les eaux lâchées à partir du barrage Al Massira et dérivées par la retenue d’Imfout,  sont transportées par les deux canaux principaux alimentant chacun un périmètre et desservant les différentes prises pour être distribuées aux parcelles irriguées sur la base des programmes de cultures adoptés et des besoins en eau correspondants.
Situé tout en aval du Bassin, le périmètre irrigué Bas Service et Haut Service sont alimentés par un transfert des eaux du bassin d’Oum Er Bia, dérivées par  le barrage Imfout pour alimenter les ouvrages de transport constituant le cœur des aménagements hydroagricoles du périmètre, à travers deux galeries. Le transport de l’eau est assuré par deux Canaux Principaux :

  • Bas Service entièrement en terre, desservant 61 000 ha dont 33 500 ha irrigués en aspersion et 27 500 ha en gravitaire dont 10 600 ha avec relevage et ;
  • Haut Service, entièrement revêtu en béton, alimentant, à l’aide d’un relevage sur 40 m une superficie de 35 000 ha équipés pour l’irrigation gravitaire dont 8 000 ha en basse pression faisant partie de la 2ème Tranche d’Irrigation.  

 3-1. Importance et consistence des infrastructures d’irrigation

Les principaux équipements hydroagricole réalisés dans le périmètre irrigué, sont :

  

N.B : Pour le périmètre Haut Service, seules la 1ère et 2ème Tranches
d’Irrigation ont été réalisées.

3-2. Superficies équipées du périmètre irrigué

La répartition des superficies irriguées et les dates de mise en eau, se récapitule sur le tableau ci-après:

3-3. Télégestion des ouvrages de transport d’eau

L’importance des volumes transportés par ces ouvrages, a amené à opter pour une programmation adéquate des irrigations pour une meilleure gestion e la demande et de l’offre d’eau, menée à l’aide d’un système de télégestion piloté par le Centre de télégestion situé à Sidi Bennour.

En vue d’améliorer l’efficience du transport d’eau dans le canal en réduisant les pertes estimés à 15% à 20% du volume mobilisé, des équipemens de surveillance et de télégestion ont été installés le long des Canaux principaux d’irrigation et des prises de canaux intermidiares et des stations de pompage pour permettre de maîtriser des volumes prélevés à partir d'Imfout, contrôler au mieux leur transport et éliminer les perturbations importantes dues au dysfonctionnement de la régulation qui génèraient des pertes par débordements évacués par les siphons de sécurité en plus des dégradations des berges par batillage.

Un système de téletransmission des données par modem GSM est installé pour assurer le suivi à temps de fonctionnement des ouvrages stratégiques pour la prise de décision à temps réel ; ce qui améliorera la gestion de l’eau et le contrôle des équipements.

3-4. Organisation de la distribution d’irrigation

3-4-1. Réseaux gravitaires 

 
La distribution de l'irrigation au niveau des secteurs gravitaires est organisée par tour d'eau horodaté au niveau des prises individuelles appliqués selon des programmes d’irrigation préétablis sur commandes des usagers ajustées aux tâches d’organisation, aux besoins en eau des cultures pour respecter une périodicité du tour d'eau.

Compte tenu de la lourdeur qui caractérise la gestion de la distribution en gravitaire, le traitement de cette opération au niveau des tertiaires et des quaternaires, s’effectue par informatisation sur la base des fichiers clients élaborés pour maîtriser leur gestion.

3-4-2 Réseau d’irrigation par aspersion 

Le schéma d’aménagement est celui de la trame B pour tous les casiers. La maille d’irrigation est de 18*18m. Le matériel d’irrigation collectif est de type mobile composé d’antennes semi fixes et de rampes avec asperseurs fonctionnant en rotation.

L’irrigation par aspersion est conduite selon un tour d'eau organisé au niveau des blocs d’irrigation dont les parcelles sont disposées selon la trame B. La libéralisation de l’assolement combinée à la vétusté du Matériel Mobile d’Irrigation et des mauvaises pratiques du système au niveau des parcelles impose une gestion de tour d’eau par branches de conduites principales.

Le retour aux conditions normales d’exploitation des réseaux basée sur la disponibilité permanente de l’eau à la borne, est tributaire de la responsabilisation et de l’implication des usagers dans l’exploitation, la maintenance et le gardiennage des équipements de mesures et de contrôle des débits et de préssions du réseau de distribution pour le bon fonctionnement et du respect de ses normes techniques du projet conçu en collectif.

Il est à noter que le réseau tel qu’il est conçu ne permet pas de répondre aux besoins en eau de pointe pour toute la superficie dominée. Cette contrainte a été constatée à

3-5. FACTURATION DES REDEVANCES D’EAU D’IRRIGATION

La facturation d'eau d'irrigation se fait sur la base des volumes consommés, reportés sur les fiches clients après chaque tour d'eau. Une application informatique permet d’éditer,  par secteur d’irrigation, les rôles de redevances d'eau d'irrigation trimestriellement.

Le taux d’équilibre et les frais supplémentaires pour utilisation de l’énergie électrique de pompage appliqués au mètre cube par secteur tarifaire sont fixés par arrêtés conjoints de ministres concernés. Le tarif en vigueur, TVA  comprise, appliqué depuis le 01/09/2009 pour le service de l’eau sont présentés comme suit :

Secteur tarifaire Taux d’Equilibre Frais supl. pour énergie de pompage Total
Faregh et Sidi .Smail 0. 27 - 0. 27
Sidi Bennour, Cuvette Sidi Smail 0.09 0.36
Boulaouane 0.27 0.54
Zemamra 0.25 0.52
Gharbia, Ext.S.Smail, Ext. Faregh 0.24 0.51
Haut Service 0.17 0.44

3-6. ENERGIE DES STATIONS DE POMPAGE

Le périmètre irrigué de l’ORMVAD dispose de 14 stations de pompages dont 3 e relevage et 11 de mise en pression pour l’irrigation par aspersion.

3-6-1. Importance de la composante énergie électrique
  • 82.5% de la superficie totale aménagée du périmètre desservie par pompage ;
  • 64 MW de puissance totale installée dont 31 MW pour le pompage de relevage et 33 MW pour la mise en pression ;
  • Facture de l’énergie électrique représente  30% à 40% dans le budget de fonctionnement de l’Office compte tenu de l’optimisation de la gestion du système.
3.6.2- Maîtrise de la consommation de l’énergie électrique

En raison de l’importance de la consommation de l’énergie électrique et de la facture correspondante, plusieurs actions sont entreprises et renforcées en vue de la réduction du coût de cette charge à travers une gestion rationnelle des contrats de l’ONE, l’optimisation de la demande énergétique notamment pour la station de pompage du Haut service par l’effacement total en période de pointe et partiel en périodes pleines.

3-7. Autorisation de prélèvement d’eau souterraine pour l’irrigation

Conformément à la réglementation sur la concession du domaine public hydraulique, l’ORMVAD délivre les autorisations de prélèvement d’eau à usage d’irrigation. Les postulants sont tenus d’abord, d’obtenir auprès des Services de l’Agence du Bassin d’Oum Er Bia, une autorisation de creusement du puits/forage. Cette autorisation constitue une pièce indispensable dans le dossier de demande de prélèvement d’eau agricole.

3-8. Recouvrement des redevances d’eau d’irrigation

Le recouvrement des redevances d’eau d’irrigation, se fait de deux manières :

  • Par prélèvement à la source au niveau de la sucrerie, pour les betteraviers;
  • Par régie, pour les non betteraviers.

4- SUIVI DE L’IMPACT DE L’IRRIGATION SUR L’ENVIRONNEMENT

La nécessité de sauvegarder les ressources naturelles, les systèmes de production agricole et aussi l’infrastructure hydro-agricole dans le périmètre des Doukkala – Abda, assigne à l’ORMVAD une mission de suivi de l’impact de l’irrigation sur son environnement agricole. Parmi les principales activités en la matière :

4-1. Etudes d'impacts des projets de modernisation de l'irrigation

En accompagnement des nouveaux projets de reconversion des systèmes d’irrigation classiques en goutte à goutte à financement extérieur, l’ORMVAD réalise des études d’impacts environnementaux (EIE) et élabore des Plans de Gestion Environnemental et Social (PGES) conformément à la réglementation en vigueur an matière de sauvegarde environnementale et des procédures opérationnelles des bailleurs de fond.

4-2. Contrôle et Suivi de l’observatoire de l’Environnement

Conscient de la nécessité de la préservation de la qualité des ressources en eau et en sols dans le périmètre irrigué, pour assurer la durabilité des systèmes de production agricole et de contrôler l’impact de l’irrigation sur ces systèmes, l’ORMVAD a mis en place, depuis 2001, un observatoire de contrôle et de suivi de la qualité des eaux et des sols. Des cellules de contrôle sont crées au niveau de chaque Arrondissement de Gestion des Réseaux pour suivre la qualité des eaux superficielles des réseaux , souterraines et des sols sur un certain nombre de points de contrôle répartis sur le périmètre irrigué.

4-3. Agro-climatologie et  avertissement à l’irrigation

Actuellement l’ORMVAD dispose de 3 anciennes et 5 nouvelles stations météorologiques automatiques réparties dans le Périmètres Bas et Haut service en plus de 22 pluviomètres répartis dans sa zone d’action.

Les données pluviométriques et climatiques sont recueillies quotidiennement à partir du terrain et se rapportent à la pluviométrie, la température de l’air, l’humidité relative de l’air, le rayonnement solaire, la vitesse du vent, la pression atmosphérique et la durée d’insolation. Ces données servent à calculer l’évapotranspiration de référence (ET0)-Penman Monteith (FAO) qui constitue la base de l’établissement du bilan hydrique. C’est un outil de prise de décision pour la programmation des arrêts et des reprises de l’irrigation après pluies et aussi à l’avertissement à l’irrigation au niveau des zones irriguées reconverties en goutte à goutte.

4-4. Lutte biologique contre la végétaion aquatique dans les ouvrages

Afin de limiter les risques de perturbations de l’irrigation causée par la prolifération de la végétation aquatique dans les canaux d’irrigation la solution de lutte biologique contre le développement des algues par le biais de l’empoissonnement en carpillons a été instaurée dans le périmètre irrigué depuis 1992.
Chaque année un déversement de carpes chinoises a lieu dans les canaux adducteurs des canaux de transport avec un suivi des répercussions de cette action sur le milieu.

4-5. Système de Gestion de l’information (SIG)

Dans le cadre du Programme MEC financé par l’USAID, l’ORMVAD bénifice, au début de l’année 2012, de la mise en place et de l’assistence d’un Système de Gestion de l’Information (SIG) pour le périmètre irrigué des Doukkala. Cet outil d’aide à la décision, permettera d’améliorer la gestion de l’eau d’irrigation par la maîtrise et capitalisation de toutes les données géospatiales et les informations y afférentes.